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Les oeuvres originales pour piano seul

Le piano accompagne Liszt pendant toute sa vie. Entre les œuvres éblouissantes du virtuose des années 1830-1840 et les pièces dépouillées et parfois énigmatiques des dernières années, son écriture se transforme profondément.

Sonate en si mineur

Sonate h-Moll — 1852-1853 — S.178

L'un des monuments de la littérature pour piano du XIXe siècle. Construite en un vaste mouvement continu, elle repose sur quelques motifs constamment transformés et réalise une synthèse extraordinaire entre sonate traditionnelle, fantaisie et principe cyclique. 

C’ est la seule sonate de Liszt qui a bouleversé toutes les règles de la forme sonate. Richard Strauss  écrit "Si Liszt n’ avait écrit que cette sonate en si mineur, œuvre gigantesque issue d’ une seule cellule, cela aurait suffi à démontrer la force de son esprit"

Robert Schumann en est le dédicataire, en retour à la Fantaisie 17 que ce dernier avait dédiée à Liszt. Mais il ne l'a jamais su, interné à l'époque, Clara Schumann n'a jamais voulu la lui transmettre. 

La sonate en si mineur est la seule sonate que Liszt composa mais elle est considérée par beaucoup de pianistes comme une œuvre majeure, celle qu’ il faut retenir pour illustrer le 19ième siècle.

Diversement appréciée, comme d’ habitude en ce qui concernait  les œuvres de Liszt, d’ une grande complexité, en rupture avec les canons de l’ époque, elle fut traitée d’ œuvre de fou

Liszt la composa à Weimar entre 1852 et 1853 alors qu'il habitait à l’ Altenburg avec la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein.  Hans von  Bülow, grand pianiste et chef d'orchestre qui allait devenir le gendre  de Liszt  en épousant Cosima, fut le premier à l’ interpréter publiquement. Depuis lors tous les grands pianistes n’ ont pas manqué de l’ enregistrer. Elle est devenue une pièce incontournable, sorte d’ adoubement de tout bon exécutant.​

​Pour en savoir plus 

-Une discographie de la Sonate en si mineur Portraits de famille de Philippe Cassard, France -Musique 30 septembre 2023  Cliquez ici

-La Sonate en si mineur de Franz Liszt expliquée par Leslie Howard  Cliquez ici

-La Tribune des critiques de disques de Jérémie Rousseau du 3 septembre 2017  Cliquez ici

Années de pèlerinage

Années de pèlerinage — env. 1835-1877 — S.160, S.161, S.162, S.163

Le grand journal poétique de Liszt. La Suisse, l'Italie, la littérature, la peinture, la nature et la spiritualité nourrissent un ensemble composé et remanié pendant plusieurs décennies.

Liszt à propos  des  Années de pèlerinage dit s’ être adressé « à quelques uns plutôt qu’ à la foule, ambitionnant non le succès mais le suffrage du petit nombre de ceux qui conçoivent pour l’ art une destination autre que celle d’ amuser les heures vaines, et lui demandent autre chose que la futile distraction d’ un amusement passager »

La Première année : Suisse contient notamment

La Vallée d'Obermann 

Les Cloches de Genève, Au Lac Wallenstadt.

La Deuxième année : Italie contient

Sposalizio,

les Trois Sonnets de Pétrarque, Philippe Cassard, Note du traducteur France Musique Cliquer ici

et Après une lecture de Dante, Alexandre Kantorov,  France Musique Cliquer ici .

Venezia e Napoli constitue un supplément.

Pour la Troisième année, il faut retenir

Les Jeux d'eau à la Villa d'Este, aux Cyprès de la Villa d'Este, Marche funèbre et Sursum Corda

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Études d'exécution transcendante

Études d'exécution transcendante — version définitive 1851 — S.139

Douze études qui dépassent largement la démonstration technique. Mazeppa, Feux follets, Vision, Wilde Jagd, Ricordanza, Harmonies du soir ou Chasse-neige sont de véritables poèmes pour piano.

Pour en savoir plus, la Tribune des critiques de disques, Radio France, 12 études d'exécution transcendante Cliquer ici

Six Grandes Études de Paganini

Grandes Études de Paganini — version définitive 1851 — S.141

Liszt transpose au piano l'univers virtuose de Paganini. La troisième étude, La Campanella, inspirée du Deuxième Concerto pour violon de Paganini, est devenue l'une de ses pièces les plus célèbres.

Harmonies poétiques et religieuses

Harmonies poétiques et religieuses — 1845-1852 — S.173

Cycle de dix pièces dont plusieurs titres proviennent de Lamartine. Bénédiction de Dieu dans la solitude et Funérailles en constituent deux sommets, entre contemplation religieuse, méditation et puissance dramatique.

Pour en savoir plus sur France Musique, Philippe Cassard et le pianiste François Frédérique Guy   Cliquez ICI  

La Tribune des critiques de disques de Radio France  Cliquer ici

Rhapsodies

Magyar rapszódiák / Ungarische Rhapsodien — principalement 1846-1853, puis œuvres tardives — S.244

Dix-neuf Rhapsodies hongroises dans lesquelles Liszt recrée au piano un imaginaire musical hongrois profondément marqué par les ensembles roms qu'il avait entendus. Les plus célèbres étant la 5ème, la 6ème, la 9ème, la 15ème dite Marche de Rakoczy et surtout la 2ème que l'on retrouve dans le populaire Tom et Jerry, le Concert du chat que Liszt ne supportait plus d'entendre.

La Rhapsodie espagnole 185_ S.254

Trois Études de concert

Trois Études de concert — 1848-1849 — S.144

Il lamento, La Leggierezza et Un Sospiro Pour en savoir plus Cliquez ICI

Trois conceptions très différentes de l'étude de concert, depuis le chant élégiaque jusqu'à une écriture pianistique d'une extraordinaire fluidité.

Deux Études de concert

Waldesrauschen et Gnomenreigen — 1862-1863 — S.145

Murmures de la forêt et Ronde des lutins Pour en savoir plus Cliquez ICI

opposent poésie sonore et virtuosité fantastique.

Deux Légendes

Deux Légendes — 1862-1863 — S.175

Saint François d'Assise : La prédication aux oiseaux et Saint François de Paule marchant sur les flots.

Pour en savoir plus Cliquez ICI

Deux récits spirituels dans lesquels le piano devient successivement chant des oiseaux, eau, tempête et vision mystique.

Consolations

Consolations, Six Pensées poétiques — 1849-1850 — S.172

Six pièces intimes et méditatives. La célèbre troisième Consolation montre combien Liszt peut obtenir d'intensité expressive sans recourir à la virtuosité spectaculaire.

Ballade nº 2

Ballade nº 2 en si mineur — 1853 — S.171

Grande narration dramatique, mystérieuse et passionnée. Sa construction par transformation des thèmes la rapproche du monde de la Sonate en si mineur.

Weihnachtsbaum — L'Arbre de Noël

Weihnachtsbaum don Carillon  — 1873-1876 — S.186

Douze pièces composées pour sa petite-fille Daniela von Bülow. Elles révèlent un Liszt familial, tendre et parfois étonnamment dépouillé. 

Pour en savoir plus, la musique minimaliste de Philip Glass et Liszt Cliquez ICI

Nuages gris

Nuages gris — 1881 — S.199

Quelques pages seulement, mais une œuvre capitale du dernier Liszt. Les harmonies deviennent ambiguës, le mouvement presque immobile : le langage romantique semble se dissoudre.

La lugubre gondole

La lugubre gondola — 1882-1885 — S.200

Composée autour du dernier séjour de Liszt auprès de Wagner à Venise. Il en existe plusieurs états. La musique, sombre et suspendue, semble annoncer la mort prochaine de Wagner.

Unstern! Sinistre, disastro

Unstern! Sinistre, disastro — 1881 — S.208

L'une des œuvres les plus radicales de Liszt : intervalles agressifs, tonalité incertaine, longues plages méditatives. Le vieux compositeur s'éloigne presque entièrement du monde brillant de sa jeunesse.

Bagatelle sans tonalité

Bagatelle ohne Tonart — 1885 — S.216a

Le titre est en lui-même saisissant en 1885. Cette courte pièce apparentée à l'univers de Méphistophélès pousse très loin l'affaiblissement de la tonalité traditionnelle.

Pour en savoir plus sur ces pièces dites tardives où l'on retrouve l'obsession de Liszt pour la mort, Beatrice Berrut Cliquez ICI

○ Pour aller plus loin

Album d'un voyageur — S.156 : laboratoire des futures Années de pèlerinage.

Apparitions — S.155 : trois pièces de jeunesse d'une remarquable liberté.

 Les Glanes de Woronince

 Mazeppa

Magyar Dalok et Magyar Rhapsodiák : premières étapes vers les Rhapsodies hongroises.

Historische ungarische Bildnisse — S.205 : portraits historiques hongrois du dernier Liszt.

Valses oubliées — S.215 : quatre valses tardives où le souvenir de la valse romantique devient parfois étrange et insaisissable.

Csárdás macabre — S.224 : danse grinçante et presque grotesque, très caractéristique du dernier Liszt.

Schlaflos! Frage und Antwort — S.203 : « Insomnie ! Question et réponse », miniature sombre et concentrée.

Am Grabe Richard Wagners — S.202 : méditation écrite après la mort de Wagner.

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