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Les études d'après Paganini
Il compose alors une œuvre dont le titre en dit long : Grande Fantaisie de bravoure sur la Clochette de Paganini, une de ces œuvres qu’il devait être le seul à pouvoir jouer. Quelque temps après, il continuera sur cette lancée en composant Six Études d’exécution transcendantes d’après Paganini, dans lesquelles il reproduit, au piano, les effets de Paganini au violon. Devant les immenses difficultés de ces pièces, il les remaniera plus tard, en une version définitive, pas forcément plus facile mais moins compliquée, sous le titre de Grandes Études de Paganini. Il aura d’ailleurs plusieurs fois l’occasion de remettre sur le métier ses propres œuvres.
Voici l’une de ces études, parmi les plus connues, inspirée d’un caprice de Paganini, « La Chasse ».
Grande Étude de Paganini n° 5, « La Chasse »
Il ne faut pas se fier à son caractère léger et primesautier ; elle offre de sérieuses difficultés de dosage sonore. Il s’inspire en effet du jeu de Paganini en doubles cordes sur le violon, et oblige les deux mains à s’enchevêtrer. Et au début, il demande au piano d’imiter la flûte puis le cor, ce qui, compte tenu du fonctionnement du piano, est une gageure. Puis il fait entendre une ritournelle qui sonne comme une boîte à musique et qui alterne avec deux couplets ; on trouve dans le second des gestes hardis : des glissandos en double notes à exécuter d’une seule main, ce qui est très malcommode, puis des croisements de mains très acrobatiques qui s’inspirent du violon. Mais si au violon l’archet ne se déplace que de quelques centimètres, au piano la main le fait de plusieurs dizaines de centimètres.
